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Guillaume Talvas, fils aîné d'Yves de Bellême, fonde l'Abbaye de Lonlay. Les moines viennent de l'abbaye bénédictine de Saint-Benoît sur Loire.
1418 La nef de l'abbatiale, incendiée par les Anglais, est entièrement détruite. C'est après cet évènement que furent construits le chœur et les absidioles
qui débouchent sur le déambulatoire.
1474 Mort du dernier abbé régulier. Le monastère fut ensuite administré par des abbés commanditaires.
1533 Un incendie, provoqué accidentellement, ravage l’abbatiale.
1574 31 mars, les Huguenots pillent et incendient l’abbaye. Seule la maison de l’abbé est épargnée.
1629 Une épidémie décimait le pays, elle fit des ravages à Lonlay. Les moines durent évacuer l’abbaye le 13 juillet.
1657 Les religieux de la congrégation de Saint Maur remplacent les moines bénédictins. Sous la direction de l'abbé Goth d’Albret de Rouillac d’Epernon, ils firent en arrivant d'importantes transformations aux bâtiments.
1790 Les moines restés au nombre de trois quittent le monastère. Ainsi cessent la célébration de l'office de jour et de nuit, après une durée de sept siècles.
1806 L'abbatiale devient l'église paroissiale en remplacement de l’église Saint Sauveur.
1825 Le cloître, dont il reste quelques vestiges est démoli.
1944 Nouvel incendie dans l'église lors des combats de la libération.
La voûte s'écroule, les vitraux sont brisés et les lieux réguliers détruits.
1952 La voûte est refaite et l'aile sud de l'abbaye restaurée.
« ………A sept ou huit kilomètres de Domfront, et à peu près à une distance double de Flers, de Tinchebray et de Mortain, au fond d'un fertile vallon, traversé par l'Egrenne, qui en fait une presqu’île, entouré de toutes parts de monticules et de coteaux élevés plantés de grands arbres qui à certaines époques de l'année forment à l'entour comme une forêt de verdure, se trouve Lonlay-l'Abbaye.
Ce devait être un lieu éminemment propice à la méditation religieuse et à la prière, à l'époque où son humble clocher vit s'élever autour de Lui, au commencement du XIe siècle, une Abbaye célèbre, sous le vocable de Notre-Dame de Lonlay ou Notre-Dame des Déserts de Lonlay.
C'est vers le Xle siècle également que le titre de baronnie fut attaché à l'Abbaye de Lonlay et, depuis ce temps, les deux noms de Lonlay, Lonlay-l'Abbaye, se sont confondus.
C'est sans contredit un des sites les plus agréables et les plus pittoresques de l'arrondissement de Domfront et l'antique Abbaye de Lonlay, malgré ses richesses et ses splendeurs évanouies, est encore classée aujourd'hui comme l'un des monuments historiques du département de l'Orne.
La ville de Lonlay (de Longiledum, Longolatum, Lonleium, puis Lonlaium), devenue par la suite Lonlay-l'Abbaye, a des origines très anciennes, puisqu'il y eut un habitat en ces lieux avant, et pendant, la période gallo-romaine, le territoire de l'arrondissement de Domfront ayant été occupé autrefois par trois peuples principaux: les Viducasses, les Osismiens et les Cénomans. Les traces du passage des Druides entre Lonlay et le Passais et celles du chemin mettant en communication Lonlay et la voie romaine de Jublains attestent de cette ancienneté. La présence des Francs dans cette région (poterie de Ger) et son évangélisation dès le VIe siècle sont, elles aussi, bien antérieures à la construction de l'abbaye par Guillaume de Bellême, contemporaine de l'érection du château et des églises de Domfront (indiquées dans la charte de 1017).
Cependant, c'est à partir de cette fondation que le bourg de Lonlay, que l'on fit communiquer avec l'abbaye par trois portes (urbis pana, major pana et alta janua), allait réellement se développer.
Lonlay sera constitué en baronnie, relevant directement du roi et les revenus de l'abbaye atteindront environ quarante mille francs.
Outre les pouvoirs attachés à leurs titres de barons, les abbés favorisent l'industrie et le commerce (sur lesquels ils perçoivent des taxes) dans la cité, l'établissement des foires et des marchés, la création d'écoles, la pratique de la charité.
Les règles originelles (de saint Benoît) sont de moins en moins appliquées au fil des siècles. La communauté se défait peu à peu, le relâchement des mœurs et le goût du lucre vont de pair et quand l'abolition des vœux monastiques et la suppression des congrégations religieuses sont prononcées à la Révolution (décret du 13 février 1790), que l'on procède à la vente des bâtiments et des terres et que l'on broie les titres de l'abbaye, on a plus le sentiment d'assister à une brutale remise en ordre politique et fiscale, et à un changement de propriétaires qu'à une entreprise sacrilège, même si on n'hésite pas à faire cantonner la troupe dans le presbytère et les édifices religieux, à rafler les cloches, les effets et l'argenterie des églises et à les porter au district et à dégrader les lieux à tel point qu'en 1845 les travaux entrepris à l'église abbatiale seront considérables.
Lonlay, érigé en chef-lieu de canton en 1790, apparaît, à la fin du XIX siècle, avec ses deux belles places, son bureau de poste, son télégraphe et ses réverbères et surtout ses activités facilitées par des voies de communication améliorées, comme un centre important…… »
La Baronnie de Lonlay ne fut pas sans relation avec le Comté de Mortain, même lorsqu’elle n’en fit plus partie, notamment au travers de la Forêt de Lande Pourrie.
Hippolyte SAUVAGE , dresse la liste des moines responsables de l’abbaye.
Dans cette liste, nous trouvons des éléments qui montrent les relations de Lonlay et de son abbaye avec le comté de Mortain surtout à propos de la forêt de la Lande Pourrie.
Moines réguliers
« Hugues, moine de Lonlay, Il dirigea l’abbaye pendant 40 ans. De son temps, Robert Comte de Mortain, Frère du roi Guillaume-le-Conquérant, accorda à l’abbaye le droit
de prendre dans sa forêt de Lande pourrie, prés de Mortain, autant de cordes de bois qu’il y avait de hameaux dans la paroisse de Lonlay.
Il vivait encore en 1074….. »
« Geoffroy, moine d’Evron, vers 1172, par un diplôme spécial, le roi Henri II donna aux moines de Lonlay le droit de faire chasser 2 cerfs chaque année dans la forêt de la lande Pourrie, qui était située entre Domfront et Mortain. C’était dans l’intérêt de leurs études, que les solitaires recherchaient ce droit de chasse, et pour se procurer le parchemin nécessaire à la transcription des auteurs anciens…… »
« Nicolas II (1402-1406) ….En 1399, les moines de Lonlay avaient renoncé au droit de chasser des cerfs dans la forêt de la Lande
pourrie….. »
Abbés commanditaires
« Louis du Bailleul (1543-1583)……Le monastère fut pillé et brûlé par les Huguenots, le 31 mars 1574. Le 11 avril 1575, les moines présentèrent une requête aux officiers des eaux et forêts de Mortain pour être autorisés à prendre dans la forêt de la Lande Pourrie le bois nécessaire pour leurs réparations…. »
Claude de Fiesque (1633-1655)…..En 1644 la communauté fut autorisée à prendre treize cordes de bois dans la forêt de Mortain, en considération des services qu’elle rendait journellement ; elle n’avait pas de droit annuel sur cette forêt…. »
Cette liste des moines qui ont géré l’abbaye montre des relations aux fils des siècles entre le Comté de Mortain et la Baronnie de Lonlay.
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