Les Breillot au fil du temps

Samedi 27 septembre 2008 6 27 /09 /2008 14:46

La forêt et les abbayes


La forêt de la Lande Pourrie était entourée par plusieurs abbayes et prieurés qui ont obtenu des droits considérables. Son bois répondait à la fois à un besoin, une nécessité mais était aussi  un privilège pour le clergé et constituait des sources de revenus importants.

 

Ainsi, à partir de l’an 1040, « Hugues, moine de Lonlay, dirigea l’abbaye pendant 40 ans. Robert, Comte de Mortain, frère du roi Guillaume le Conquérant, lui accorda pour l’abbaye le droit de prendre dans sa forêt de Lande Pourrie, autant de cordes de bois qu’il y avait de hameaux dans la paroisse de Lonlay... » 

 

« … Robert de Mortain était lui-même le chef de son église, aussi voulut-il accorder des privilèges considérables aux chanoines. Ainsi, ils eurent le droit de prendre dans la forêt de Lande Pourrie tout le bois nécessaire pour construire et réparer leurs églises, et tous leurs bâtiments sans exception, De plus, ils eurent la dîme de cette même forêt et purent y prendre tous les ans un cerf et un épervier. Le Comte de Mortain fit une part de son revenu aux serviteurs de Dieu, et prit un soin particulier de chacune des prébendes (revenus ecclésiastiques) fondées par lui ».

 

L’Abbaye Blanche, en l’année 1105, reçut des droits étendus sur la forêt de Lande Pourrie, tels que celui d'y prendre du bois pour la construction et pour le chauffage, celui d'y couper des herbes et de la fougère, et d'y faucher des joncs et tout ce qui lui serait nécessaire.

 

 Le Prieuré de Moutons en l’année 1120, éleva un second monastère de femmes, sous la direction du Roi d'Angleterre, Henri 1er et d'Etienne, Comte de Mortain. Il était auprès des limites de la forêt de Lande Pourrie, Il fonda aussi en 1130, l’abbaye de Moutons, dans la forêt de la Lande Pourrie dans la paroisse de Saint Clément.

 

«Vers 1172, le roi Henri d’Angleterre et Comte de Mortain,  donna aux moines de Lonlay le droit de faire chasser deux cerfs chaque année dans la forêt de la Lande Pourrie. C’était dans l’intérêt de leurs études, que les solitaires (les moines) recherchaient ce droit de chasse, et pour se procurer le parchemin nécessaire à la transcription des auteurs anciens »

 

En 1180 «Henri II, chassait en forêt de la Lande Pourrie, non loin de Barenton lorsqu’un brusque malaise le terrassa. Transporté au château de la Motte en Ger, il y fait son testament, mais la mort l’épargna. En souvenir de sa guérison, il octroya au prieuré d’Yvrandes le droit de pacage (droit d’envoyer son bétail paître dans certains pâturages) en forêt de la Lande Pourrie.»

 

En l’année 1225, le Comte de Mortain confirma le don que les « Dames de Moutons » avaient fait à Guillaume Bullot, clerc de la chapelle de Rancoudray qui dépendait d'elles. Cette chapelle, sous le nom de Notre-Dame, était située à l'entrée de la forêt de Lande Pourrie.

 

Philippe Il, Comte de Mortain, érigea, en 1327, dans la paroisse d'Yvrandes, un prieuré régulier,  auquel il donna un fond de terrain, à prendre dans la forêt de Lande Pourrie.

Diverses chartes confirmatives, portant les dates de 1204, 1343, 1385 ont été accordées au prieuré d'Yvrandes par Jean-sans-Terre, Roi d'Angleterre, par Philippe VI, Roi de France, par Richard II, Roi d'Angleterre, et par Henri V, Roi d'Angleterre, Régent et héritier du Royaume de France. Elles relatent la plupart des privilèges qui lui avaient été octroyés. De plus, un acte passé aux assises de Mortain, en 1286, et en l'échiquier de Rouen, en 1328, constate que les religieux du Plessis-Grimoult avaient, au titre de possesseurs d'Yvrandes, le droit de franchise pour le pacage de leurs porcs dans la forêt de Lande Pourrie.

 

Un procès-verbal du 7 avril 1391, a été dressé pour établir les droits du Doyen et des chanoines de l'église de Mortain dans la forêt de la  Lande Pourrie. Un autre, le même jour, proclame les droits du chapelain de la maladrerie de Mortain : il avait dans la forêt de Lande Pourrie la franchise « à coup de martel (marteau) pour édifier en ses maisons et outre les franchises dessus dites, prendre sur les porcs de passage de Ger,  « le tiers porc et les oreilles »  des autres porcs de passage  ».

 

 «….En 1399, les moines de Lonlay avaient renoncé au droit de chasser des cerfs dans la forêt de la Lande Pourrie….. »


 Pour l’Abbaye Blanche, Perette Leboeuf fut obligée en 1489 de présenter les titres de sa maison, afin d’obtenir du Grand Maître Réformateur des Eaux et Forêts de Mortain, l’exécution de ses droits dans la forêt de la Lande Pourrie.

 

Une information faite en 1460 et 1477 par Guillaume du Pontbellenger, prouve que le prieur d'Yvrandes ne devait rien payer pour le pacage de ses bestiaux dans cette même forêt de la Lande Pourrie.

 

En 1500, une autre sentence rendue par Louis XII, agissant au titre de Comte de Mortain, fixe les droits de ceux qui pouvaient prendre du bois dans la forêt de la Lande Pourrie ; « C’étaient : l’abbé du couvent de Lonlay, le doyen et le chapitre de Mortain, le prieur d’Yvrandes, le prieur du Rocher, le prieur de l’hôtel Dieu de Mortain, les religieuses et la prieure du couvent de l’Abbaye Blanche, la prieure du couvent de l’abbaye de Moutons et plusieurs autres gens d’église. »

 

Un aveu, (acte établissant une vassalité) rendu au Roi François 1er, le 24 février 1546, par Jean de Clinchant, chapelain de la chapelle de Rancoudray précisait les domaines qui en dépendaient. Ceux-ci, d'une étendue de trois cents acres de terrain, tant en landes et en bois de haute futaie, qu'en terres labourables, étaient enclavés dans la forêt de Lande Pourrie et situés entre les paroisses de Saint-Clément, Ger, Saint Jean-du-Corail et Bion. Cet aveu joignait en outre la chapelle de Maisoncelles et ses dépendances.

 

Le 11 avril 1575, les moines de Lonlay présentèrent une requête aux Officiers des Eaux et Forêts de Mortain pour être autorisés à prendre dans la forêt de la Lande Pourrie le bois nécessaire pour leurs réparations qui faisaient suites à l’incendie de leur abbaye, en mars 1574, déclenché par les Huguenots.

 

En 1644 la communauté  de l’Abbaye de Lonlay fut encore autorisée à prendre treize cordes de bois dans la forêt, en considération des services qu’elle rendait journellement. Elle n’avait pas (ou plus) de droit annuel sur cette forêt.

 

 Pour l’Abbaye Blanche, le 1 août 1679, Henriette de Quelain, dans un aveu, fit l'énumération de tous les droits, privilèges, franchises, dignités et libertés qui avaient été jadis concédés à son abbaye et qui consistaient dans « le droit de prendre dans la forêt de Lande Pourrie du bois de chauffage, et du bois pour réédifier, réparer et aménager aux évêchés d'Avranches, de Coutances et de Bayeux, tant leurs maisons, que leurs fours, moulins à eau et à vent, viviers, retenues d'eaux et pêcheries; dans le droit de faire faucher des joncs, herbes et fougères, de pêcher et de chasser tant dans les bois, rivières, chemins, qu'autres endroits; de prendre ramages, feuillages, fougères, terre, argile et pierres; droit d'avoir un fourneau à chaux et un à tuiles, et de prendre ce qui était nécessaire pour leur entretien. Et encore celui de prendre un cerf en temps de saison, dans la forêt. Enfin, l'exemption dans tout le comté de Mortain, d'étalage, monnayage, coutume, et celle de réparer ville, château et fossés, de faire le guet ou d'être soumises à toute autre exaction séculière. Quant aux charges imposées aux religieuses, elles étaient nulles en présence de tous ces privilèges, puisqu'elles ne devaient que servir Dieu dans leur maison, »

Les abbesses furent obligées, pour jouir de leur droit de prendre du bois de chauffage dans la forêt de la Lande Pourrie, de présenter leurs titres à André Benoist, Maître des Eaux et Forêts du Comte de Mortain.

 

On le constate, pendant très longtemps, pour les abbayes environnantes, la forêt de la Lande- Pourrie fut une source de revenus considérables que les Maîtres des Eaux et Forêts avaient parfois à faire justifier, tant les privilèges étaient importants, Nous savons ce que ceux-ci sont devenus après 1789.

 

 

La Forêt et la justice


« La grande forêt de la Lande Pourrie, aux portes de Mortain, avait provoqué très tôt la création de la juridiction de la Maîtrise des Eaux et Forêts. Elle était chargée de la répression des délits de chasse ou de pêche et devait veiller, à la conservation des bois. Avec la vicomté et le bailliage, c'était une des plus vieilles juridictions»

En effet, des contraventions nombreuses pouvaient demander une répression pour les dégradations commises dans les forêts du Comté de Mortain, notamment dans la forêt de Lande Pourrie. Elles firent sentir de bonne heure la nécessité de confier à des hommes spéciaux le soin de sauvegarder les droits des seigneurs.

En 1402, Guillaume, Comte de Tancarville, Grand Maître des Eaux et Forêts du Royaume, maintient les potiers de Ger dans leurs franchises, libertés et droitures sur les bois de la Lande Pourrie. Une enquête avait été ouverte par Hector de Chartres, Maître Enquêteur des Eaux et Forêts. À cette enquête, comparaissaient  plusieurs personnes notables ayant connaissance des usages et coutumes du pays et le frère de Messire Fraslin de Combry (chevalier de Du Guesclin) qui tenait le fief du Haut-Boussantier à Barenton, sergent fieffé de la forêt.

Le 13 juin de la même année, a lieu la confirmation par Hector de Chartres, des droits et coutumes qui appartiennent à Guillaume de Boudey, écuyer, dans la forêt de Lande Pourrie, à cause de la masure  de Courbocé, en la paroisse de Bion... «Guillaume de Boudey, écuyer, avait le  droit de prendre et avoir en la forêt du bois livré pour édifier, aménager et tenir en état les maisons et hôtel de Courbocé, le bois brisé et volé et tout bois mort accoutumé, avec le sec et le vert.  S’il n'a caable (bois versé et abattu) ni herbage pour toutes ses bêtes, (hors les  chèvres), panage (droit qui se paye au seigneur d’une forêt pour y faire paître les porcs)  pour tous ses porcs par tous les lieux de la dite forêt, et il a franchise d’avoir du bois en cette forêt pour édifier par livrée du verdier (Officier qui était établi pour commander aux gardes d'une forêt éloignée des maîtrises)  pour le moulin de Chavignolles »

 

En mars 1415, a été donnée une sentence du Lieutenant Général de Guillaume Hue, Seigneur du Rosel, Maître et Enquêteur des Eaux et Forêts du Comté de Mortain, condamnant le fermier du panage de la forêt de Lande Pourrie qui avait voulu mettre en garde, dans le manoir de Courbocé, des porcs saisis par lui dans la forêt. Il s'était vu refuser l'entrée du manoir par Jamin Secart.

 

 Le 7/06/1465, les habitants  de Ger sont confirmés dans leurs franchises vis-à-vis de la forêt de la Lande Pourrie.

 

 Pour St Jean des Bois,  « Les fermiers de Frédeville (Village où naquit Michelot Moulin) et des Abreuvoirs avaient le droit de bois mort dans la forêt de la Lande Pourrie et de pacage pour leurs bestiaux en payant un denier par bête. Frédeville avait une superficie de 3 acres et payait une poule et demie comme loyer. Ceux de la Broudière qui contenaient 32 acres devaient verser 10 sols 6 deniers à la Saint Michel, et 2 poules à Noël. Pour la Fleurière et ses dépendances de Frédeville et des Abreuvoirs qui contenaient 23 acres, le loyer était de 10 sols 6 deniers à la Saint Michel et 1 poule et demie à Noël. Ces fiefs appartenaient au Doyenné de Mortain. »

 

A partir de 1536, de nombreux litiges avec la famille de Montpensier eurent lieux. Le bois de la forêt «  ayant toujours été une matière recherchée notamment pour le chauffage et la construction, les privilèges anciens accordés aux potiers et paysans de Ger sont l’objet de nombreux litiges avec la famille Montpensier».

Enfin, « Monsieur  le duc de Montpensier donne procuration à Michel Sequard pour transiger et régler avec les usagers demeurant en la prévôté de Ger au sujet de leur franc herbage, pour transiger avec les habitants potiers et usagers de la paroisse de Ger sur l'opposition par eux formée aux fieffes faites dans le franc herbage par eux réclamé. »

 

 « En 1597, fieffe (ventes contre une rente perpétuelle ou foncière) est faite  par Jean Claude Rome, Sieur de la Fontaine, Commissaire Député par le Roi et par le Duc de Montpensier, Comte de Mortain, pour la réformation de la forêt de la Lande Pourrie, à Pierre Maloisel, cloutier demeurant à Ger, de diverses portions de terre, sises à Neuve-Lande, à l’Echaugette, à la Gerboudière, à la Butte-de-la-Soue et à la Lande  de Grémilly. Le feudataire (vassal, celui qui possède un fief) supporte les charges et sujétions des droits féodaux.

Il ne peut prétendre à aucun droit d’usage, ni liberté en la forêt, ni établir sur la partie fieffée, moulins, étangs, pêcheries, forges, fourneaux, ni aucun ménage au préjudice du comte de Mortain. »

 

A la fin du XVIe siècle, Monsieur de Sourdeval présente un mémoire sur les abus qui se commettent dans la forêt de Lande Pourrie: « Il demande qu'il soit défendu d'ouvrir carrière ou perrières (ce dit d’une carrière d’où on extrait des pierre) dans la forêt, car, sous prétexte de chercher la pierre, on dégrade et on fait tomber les arbres. Abus commis par les prétendus chasseurs de martres, qui abattent les plus gros fouteaux (arbre de haute futée ou hêtre), pour servir aux faiseurs de palerons et d'écuelles de bois. On abat également beaucoup d’arbres pour en chasser les mouches à miel. Le verdier qui marque le bois des francs usagers et des potiers  devrait avoir un commis pour enregistrer les noms des ayants droit. Il devrait être défendu de « transmuer aucune fieffe d’un lieu en un autre n’y de changer le nom », car on fieffe de cette façon en plusieurs endroits, sans l'avoir fait publier dans les paroisses. Il s'est bâti sans autorisation plusieurs fours à pots et l'on a mis plusieurs roues à potier dans la forêt, ce qui détruit le bois. Il faut assigner aux potiers de Ger un canton (portion déterminée d’une forêt) de bois près de leur paroisse, et ne pas les laisser choisir où bon leur semble dans la forêt. »

 

En 1610, Une requête est présentée à Mlle de Montpensier par les potiers et usagers, de la paroisse de Saint-Martin de Ger, qui demandaient le maintien de leurs droits et franchises dans la forêt de Lande Pourrie.  « Un nouveau procès a lieu pour supprimer « les privilèges », intenté par la Comtesse de Mortain en 1625.  Elle  échouera et  le procès se terminera par un arrangement amiable. »

 

Entre1622 et 1633, plusieurs procès ont lieu pour la paroisse de Ger, dont une déclaration des habitants devant le verdier de Lande Pourrie, au sujet de leurs franchises en l'herbage de la forêt, « avec obéissance de payer, suivant leurs droits et anciennes libertés, 12 deniers pour l'herbage d'un bœuf ou d'une vache et six deniers pour un génisson, si leurs bestiaux allaient pâturer hors du franc herbage ; »

Les déclarations des services, libertés et droitures que demandent les coutumiers et  les gens de Ger en la forêt de Lande Pourrie sont précisées : « Chacun a droit d'y prendre bois pour aménager, en payant au verdier 5 sous, à chacun des sergents fieffés 2 sous et 6 deniers, et au sergent de la garde 12 deniers; » 

Mais aussi le droit de « prendre du  bois brisé et volé, tout mort bois, le sec en estant (qui se dit du bois qui est en vie, debout, sur pied , sur sa racine.),  et le vert en gisant, le bois arraché depuis 1 an et 1 jour; à Noël un fou (hêtre) pour trefaoul (chouquet ou bûche de Noël) en payant 2 deniers de tréfouage; un fou et un jarry (chêne) pour le chartil (Grande charrette longue, dont les paysans se servent pour transporter leurs gerbes en grange) et les roues;

De plus : « Chacun a franche pâture pour ses bêtes dans un espace déterminé qui a pour bornes, d'un côté, le chemin Montais qui vient de Lonlay à La Croix-le-Comte par le pont de Biorbe ; » 

« Chacun a panage pour ses porcs; les coutumiers sont sujets à l'archerie c'est-à-dire à aller, quand ils en sont requis, avec le verdier ou son lieutenant, les sergents fieffés et les sergents à gages de la forêt, un jour par mois, à leurs dépens; s'ils y sont plus d'un jour, c'est aux dépens du prince; ils portent chacun un arc neuf en corde, des flèches et un bougon (arme à feu) pour guerrer (poursuivre) et prendre les malfaiteurs, pourvu que le verdier ou son lieutenant et les sergents soient embastonnés (armés) convenablement comme les dits coutumiers, pour prendre les malfaiteurs; à cause de quoi ils sont quittes et francs de coutumes pour vendre et acheter tant en la dite forêt qu'en tous les autres lieux du comté. »

 

Une sentence de Denis Mesnage, [1621-1639]  Maître des eaux et forêts du comté de Mortain,confirme les habitants de Saint-Clément dans leurs droits, franchises, dignités et libertés en la forêt de Lande Pourrie, et « donne mainlevée (Acte qui ôte l'empêchement résultant d'une saisie, d'une opposition, d'une inscription ) aux habitants de la Clouterie, de la Gasnerie, des Vallées et de la Foutelaie, en la paroisse de Ger, du droit d'herbage pour leurs bestiaux, conformément aux chartes de fondation du Prieuré Blanc dont ils sont nuement (immédiatement)] tenants; » 

 Par la suite, une lettre de Monsieur de Montholon chargeait les officiers du comté de Mortain de composer et transiger avec les habitants de Ger au sujet des procès et différents en raison des franchises qu'ils prétendent en la forêt de Lande Pourrie.

En 1650, un arrêt des eaux et forêts est pris  contre Simon Robbes et autres sur l'opposition formée à l'adjudication de parties d’une coupe des bois de Lande Pourrie.

 

La juridiction des Eaux et Forêts du Comté de Mortain, qui existait depuis plusieurs siècles, fut soumise à une réorganisation complète, suivant l'édit de 1689, qui créa la Grande Maîtrise de Caen, avec les Maîtrises particulières de Caen, Bayeux, Valognes, Vire et Mortain. Un autre édit, du mois d'octobre 1716, composa de plus chaque Maîtrise : « d'un maître, un lieutenant, un procureur du roi, un garde marteau, un greffier, un receveur des amendes, un garde général collecteur des amendes et d'un nombre suffisant d'arpenteurs, huissiers-audienciers et gardes nécessaires. »

Avant 1759, une décision du Conseil du Duc d'Orléans, sur les nouvelles représentations des habitants de Ger: les familles qui tiennent des fonds anciennement aliénés du domaine seront « maintenues dans la franche pâture pour leurs bêtes aumailles (bêtes à cornes, ou autres bêtes domestiques) dans l'étendue du franc herbage ; dans l'exemption des droits de coutume aux foires de Tinchebray et des Giguinières; ils ne peuvent prétendre le droit de pâture qu'ils réclament dans la forêt, parce que ce droit a cessé avec la sujétion de l'archerie (service des archers) qui anciennement leur était imposée comme  condition » (c'est en  conformité de cette décision que le notaire du terrier de Mortain est autorisé à recevoir leurs aveux.)

 

Voir la fin de l'article dans: La Forêt de la Lande Pourrie et Ger (suite 3)


Par m - Publié dans : histoire
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