Partager l'article ! COUSIN DE MERICOURT à Cachan: Cousin de Méricourt, à Cachan, c’est une avenue, mais aussi un établissement du Centre d'Action Sociale de Pa ...
Ces deux entités, l’avenue et l’institution, ont déjà été présentées[1] dans de précédents numéros des « Chroniques du Val de Bièvre ».
Le recensement de Cachan en 1926 nous apporte quelques compléments d’informations tant sur les habitants de l’avenue que sur ceux qui travaillaient au sein de la maison de retraite.
L’avenue Cousin de Méricourt est une avenue assez récente de Cachan qui a été appelée en 1901, avenue de la Convention. Sur les plans anciens
de Cachan, elle n’existait pas puisque la propriété de Madame de Méricourt s’étendait du chemin du Bateau (aujourd’hui rue de Provigny) à la rue des Tournelles.
Madame Anaclette Julie Delinthe, fille d’un riche orfèvre, Veuve de Jean Elizabeth Barthélemy Cousin de Méricourt, [2] était propriétaire du Fief des Arcs par « une sentence de l’audience des criées du tribunal civil de la Seine en date du 12 mai 1790. »[3] Elle est décédée le 21 juillet 1857. [4]
Sa fille, Anaclette Élisabeth Cousin de Méricourt épouse de Louis Édouard Besson, elle reçut la propriété en succession. Leur fille Palmyre Anaclette Besson, épouse de Alexandre André de Provigny, légua par un testament du 29 juin 1907, la propriété au profit de l’Assistance Publique.
En 1923, le 30 juillet par arrêté préfectoral, l’Assistance Publique est autorisée à céder la partie droite de l’avenue (en allant du centre de Cachan vers
l’aqueduc) à la « Société Parisienne d’Habitation » crée par messieurs Lorin et Parenty. Ils proposent d’en faire un lotissement approuvé par arrêté préfectoral du 2 novembre
1927. Auparavant cette partie était devenue un jardin-ouvriers.
La rue du Fief des Arcs qui suit l’ancien lit de la rivière n’était pas encore crée en 1926 au moment du recensement. Sur un plan publié en 1935, on voit déjà de nombreux pavillons sur le côté droit de l’avenue.
L’avenue Cousin de Méricourt est construite au dessus de la galerie où est enterrée la Bièvre à partir de 1900. « En 1936, j’ai eu à démolir une partie du 1er lot de couverture de la rue Cousin de Méricourt pour la refaire en béton armé » disait M. Tayart, entrepreneur à Cachan.[5] Puis, cette galerie a été refaite en 1956 et 1967.
En 1926, 125 personnes sont dénombrées comme résidantes dans l’avenue Cousin de Méricourt.
Parmi elles, nous en trouvons 94 qui sont en âge de travailler.
Seulement, 3 d’entre-elles sont nées à Arcueil - Cachan. C’est le cas de Madame Vaudicourt, couturière à domicile.
Dans les professions de ces cachanais, nous repérons, une artiste peintre, épouse d’un professeur. Monsieur le professeur Boucher et sa femme vivent avec un domestique qui habite chez eux.
Il y a aussi un Mégissier[6]et son épouse, ils ont 2 enfants qui travaillent, l’un est mécanicien, l’autre manutentionnaire.
Un couple d’artisan boucher et leur domestique, mais aussi, 3 étudiants dont 2 sont d’origine étrangère, un Grec et un tunisien. Il y a également, une
blanchisseuse, un zingueur, une couturière et une apprentie modiste habitant dans l’avenue.
Par ailleurs, 44 personnes travaillant à la Fondation Cousin de Méricourt habitent dans cet établissement. Les pensionnaires de cet hospice sont comptés à part dans le recensement.
L’hospice de la Fondation Cousin de Méricourt et Besson est installée à Cachan dans le parc légué à l'Assistance publique (A.P.) par Madame de Provigny.
Par décret du président de la république du 8 septembre 1909, l'administration avait reçu l'autorisation d'accepter ce legs « Provigny ». Les
travaux de construction des pavillons commençaient alors sous la conduite de l'architecte Bélouet.
L'administration de l’Assistance Publique avait pu les engager grâce au legs de 10 millions de francs qui accompagnait la propriété.
Le terrain du « château du Fief des Arcs » devient donc une maison de retraite qui fut ouverte en octobre 1913, elle accueillait 220 personnes âgées.
En 1926, parmi les 44 personnes travaillant et habitant sur place, nous trouvons 28 femmes et 16 hommes employés par l’institution. Il y a 8 couples, pour 7 d’entre eux, les 2 conjoints travaillent au sein de l’établissement. La plupart des autres salariés sont des célibataires.
Aucune des personnes qui travaillent pour la Fondation n’est originaire de Arcueil-Cachan. 11 sont nées en Ile de France dont 8 à Paris, 2 dans le Val de marne. Les 33 autres sont nées en province.
Au sein de ce groupe de salariés, 13 ont entre 20 et 30 ans, 14 ont entre 31 et 40 ans, 10 ont entre 41 à 50 ans, 7 ont entre 51 et 71 ans. La plus âgée est Me Choblet. À 71 ans, elle déclare être servante à l’hospice. Les 2 plus jeunes sont « garçons de service », ils ont 20 ans. Ce sont Messieurs Bouéda et Daret.
Parmi les employés habitant sur place, nous trouvons 6 infirmières et 4 infirmiers, 17 servantes, 7 garçons de service, 4 filles de service, 1 économe, 1 gardien, 1 mécanicien, 1 agent et 1 préposé administratifs, tous salariés de la Fondation. Un retraité de l’A.P. habite encore dans son logement de fonction. L’économe de la maison de retraite et son épouse, Monsieur Amette emploient un domestique, Monsieur Campion. Il habite chez ses employeurs.
En 1960, l'établissement abritait 256 lits voués à l'hospitalisation des vieillards. Puis un décret du ministère de la Santé publique en date du 30 décembre 1972 stipule le rattachement de la maison de retraite Cousin de Méricourt au Bureau d'Aide Sociale de Paris. Les anciens batiments et la chapelle ont été détruits en 1976 pour céder la place à la reconstruction de l’établissement actuel.
Aujourd’hui, La résidence Cousin de Méricourt est un EHPAD[7] d’une capacité de 366 lits dont 85 sont des unités de vie protégée (UVP). La résidence de l’Aqueduc est un foyer logement de 81 studios. La résidence est constituée de 10 bâtiments avec 298 chambres individuelles, Les deux établissements sont situés au sein d’un parc, propriété du C.A.S. de la ville de Paris. L’effectif en personnel est de 302 agents pour Cousin Méricourt et de 15 agents pour l’Aqueduc.
Jean Elizabeth Barthélemy Cousin[8] de Méricourt, était né en 1752 à Montdidier dans la Somme. Il fut cultivateur puis, trésorier des États de Bourgogne.
Il fut arrêté, sous l'inculpation d'aide à un émigré, condamné et guillotiné le même jour sur la place du trône, le 13 juillet 1794 à Paris. Il fut inhumé au cimetière de Picpus.
Lorsqu’il monta sur l’échafaud, il ne pouvait imaginer que sa petite fille donnerait la propriété à l’assistance publique et de ce fait son nom resterait important et perpétué par les villes de Paris et Cachan.
Marcel Breillot
Cet article a été publié dans les "Chroniques du Val de Bièvre" publié par les "Ateliers du Val de Bièvre" 9 rue Amédée Picard 94230 Cachan
Courriel: lesateliersduvaldebièvre@laposte.net
[1] Voir N° 50 et 58 des Chroniques du Val de Bièvre, les articles de Paulette Boivin
[2] Le sentier urbain de Cachan, 1990, ALC
[3] Acte de vente à Monsieur Ayral du 25 sept 1929, par Me Perrot , Notaire à Bourg la reine.
[4] Les cartes postales sont de la Collection de l’auteur.
[5] Recherches sur la Bièvre, A Desguine, 1976, Edt Puyraimond
[6] Le mégissier prépare les peaux destinées à la ganterie
[7] EHPAD : Etablissement d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes
[8] http://jomave.chez-alice.fr Les guillotinés Picards
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