Ce boulevard est une des plus longues voies de circulation de Cachan.
Il suit le tracé de l’aqueduc de la Vanne construit par l’ingénieur Eugène Belgrand à partir de 1867.
La canalisation de l’aqueduc elle-même se situe au dessus du tracé de l’aqueduc de Médicis (ou de Rungis) qui a bientôt 400 ans.
Le boulevard apparaît en tant que future voie de circulation sur des plans assez récents de Cachan (1935) alors que l’emprise de terrain existe depuis la
construction de la canalisation de la Vanne à partir de 1867.
Ainsi, en 1935, Léon Eyrolles , alors candidat au renouvellement de son mandat de maire, propose toujours :
« L’aménagement de plusieurs rues dont le boulevard de la Vanne. Il souhaite qu’en soient exécutés les travaux de viabilité…. »
Depuis la création administrative de la commune de Cachan, les habitants du boulevard font parvenir régulièrement des pétitions au conseil municipal.
Ainsi, le 11 juillet 1923, le conseil municipal en approuve une, venant des riverains. Elle est adressée au préfet de la Seine.
« Les soussignés appellent votre bienveillante attention sur la situation qui leur est faite par suite de la non-viabilisation du Boulevard de la Vanne dans son
parcours à Cachan….
Les pétitionnaires font l’historique du boulevard. Ils rappellent :
…L’expropriation des terrains par décision judiciaire du 28 mai 1861….
La création en 1904 d’une Ligue des riverains qui demandait l’établissement d’une bande pavée le long de la canalisation….
Ils ajoutent que le rapporteur du préfet à cette époque expliquait : Que malgré l’accès si imparfait de l’emprise de la Vanne, il s’est construit trop
d’habitations en bordure et celles-ci constituent un voisinage menaçant pour la salubrité de l’eau de Paris….
Les pétitionnaires lui répondent …qu’il n’est au pouvoir de personne d’empêcher ceux qui cherchent de l’air et de la lumière (ils sont de plus en plus nombreux)
de faire construire à côté de la dérivation de la Vanne…
Ils affirment :.. Nous ne voyons pas très bien en quoi la présence d’une bande pavée peut-être plus nuisible à l’aqueduc que ne l’est le remblai de terre
existant….
Ils citent une pétition déjà ancienne du 23 juin 1906 :
« ...Les glissements du terrain ont compromis la solidité des maisons qui bordent l’emprise, les murs
s’écroulent …Nous demandons qu’il soit permis aux malheureux piétons de circuler, aux enfants de se rendre à l’école et aux médecins de pouvoir visiter les
malades et demandons la permission de faire établir une bande pavée de un mètre de large et d’établir trois escaliers de franchissement sur le talus de l’emprise de la Vanne aux endroits où
aboutissent les sentiers communaux…. »
Des années plus tard, le 24 janvier 1926, le conseil municipal de Cachan examine le rapport de Félix Choplin , en date du 7 janvier.
« …Depuis plus de cinquante ans, la mise en viabilité du boulevard est toujours demandée à la ville de Paris, au Préfet et au Conseil Général de la
Seine…
C’est la ville de Paris qui a donné ce nom de « Boulevard de la Vanne » au terrain au long duquel elle a établi la canalisation… »
Il rappelle les conséquences :
- La pollution des eaux
- Les glissements de terrain
« ….Le boulevard est recouvert d’une épaisse couche de glaise qui retient les ordures ménagères, les matières fécales, les purins et autres foyers d’infections
qui existent aujourd’hui...La stagnation de tous les détritus, matières solides ou liquides pénètrent autour des conduits par des infiltrations et les fissures et elles contaminent
les eaux..»
Pour le rapporteur, il faut faire ce boulevard avec un accès par la rue de la Citadelle qui doit être rendue carrossable et la voie des Saussaies qui est à élargir.
Mais le plus urgent est surtout de « faire un égout » autant pour les Cachanais que pour les Parisiens dont l’eau n’est plus potable. L’eau de la Vanne est accusée d’être à l’origine de plusieurs
épidémies dans Paris.
Félix Choplin conclut son rapport : « ...Les Parisiens chassés par la crise du logement ne vont pas habiter la province, Ils restent dans le département de la
Seine. C’est pour cette raison que, venant à Cachan, séduits par la vue magnifique que l’on a des environs, ils s’établissent boulevard de la Vanne…
Ce n’est qu’aux premiers froids, dès que le temps devient mauvais qu’ils s’aperçoivent des inconvé-nients….
La ville de Cachan n’a pas les moyens de payer…. Ce serait d’ailleurs la plus lamentable des bouffonneries.
En effet, nous n’avons pas demandé la canalisation de la Vanne…… »

A cette époque, le parcours dans Cachan de la canalisation de l’aqueduc, est loin d’être stabilisé.
En 1926 , il y a un effondrement sur environ cinquante mètres. Un nouvel effondrement aura lieu en 1931, année, où est présenté au Conseil Municipal de Cachan, un
projet de dérivation avec des tuyaux en béton armé.
Le conseil adopte ce dernier projet en 1932. Le chantier démarre en juin 1933. Après avoir suivi la nouvelle dérivation du Loing et du Lunain, le nouveau siphon
passe par les rues des Vignes et Etienne Dolet avant de remonter vers le pont- aqueduc, au niveau du croisement de la rue Etienne Dolet avec la rue Cousté.
En 1923, le 23 avril, le conseil municipal décide de donner des numéros aux propriétés situées sur le boulevard.
Il y a 313 parcelles de terrain. Sur celles-ci, 104 propriétaires habitent leur maison sur place. Ils sont 60 côté pair et 54 côté impair. Les autres 209 parcelles
appartiennent à des propriétaires qui habitent ailleurs dans Cachan ou encore à des non-Cachanais.
A suivre dans les Chroniques du Val de Bièvre n°74
Ou : http://lesateliersduvaldebievre.fr/
Marcel BREILLOT
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