Les Breillot au fil du temps

histoire

Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /2010 22:02

  En 1926, la rue Etienne Dolet est plus longue que celle que nous connaissons aujourd’hui.

   Elle commence alors au pied de la rue de la Citadelle et elle se termine rue du Moulin de Cachan. En effet à cette époque, la rue des Tournelles s’appelle aussi : rue Etienne Dolet.

 

  Edolet.JPG

   A cette date, prés de 10% des Cachanais y habitent. Cachan comporte 9 829 habitants dont 929 sont  dans cette rue.

  Parmi ces 929 personnes, il y a  les 221 pensionnaires de la maison de retraite Saint Joseph qui sont comptés à part dans le recensement et dont nous ne parlerons pas dans cet article.

  Sans eux, parmi les 708 habitants restants de la rue, nous  trouvons 552 jeunes ou adultes en âge de travailler ou ayant cessé une activité professionnelle, dont 315 femmes et 237 hommes. Il y a aussi 156 enfants ou adolescents.

 

  Parmi ces 552 habitants, nous avons 221 de ces cachanais sont nés en province et 174 en Ile de France.       

  Chez ces derniers, 122 sont nés dans le Val de marne dont 104 à Arcueil-Cachan.

  Chez les natifs de nos 2 communes, il y a 62 femmes et 42 hommes.

  Par ailleurs, il y a 12 personnes d’origines étrangères : 4 italiens, 4 russes, 3 tchèques, 1 belge, 1 suisse.

  Dans cet ensemble d’habitants de la rue, il y a 214 « chefs de famille » pour 154 « épouses ».

  La différence est due aux 23 veuves et 15 veufs également chefs de familles vivants seuls ou avec des enfants, mineurs  ou  majeurs, ou avec des amis.

  Il y a aussi 4 divorcés chefs de famille et 5 autres qui vivent seuls.

  Par ailleurs, il y a 153 célibataires jeunes adultes ou adultes qui vivent soit chez leurs parents ou chez leurs employeurs.

  Il y a parmi ces célibataires, les employés et les religieuses de la maison de retraite. Par ailleurs, nous trouvons dans la rue  3 domestiques et une gouvernante. Vivent aussi dans leurs familles, 2 étudiants de l’Ecole des Travaux Publics et 4 apprentis.

 

Une institution importante. La différence entre le nombre de femmes et d’hommes est liée à la présence de la maison de retraite Saint Joseph.

En effet, en 1926,  47 personnes y travaillent et  habitent dans l’institution au 7 rue Etienne Dolet.

Nous trouvons, sous la direction de Sœur Péricault, 22 religieuses et 24 employés laïcs. Pour le recensement, « l’employeur » des religieuses est la congrégation Saint Vincent de Paul.

Saint-Joseph.JPG

  Les 3 religieuses les plus âgées ont 64 ans et la plus jeune a 27 ans.

  Leur supérieure, Sœur Péricault est déclarée comme étant « patron » ou « employeur » des 24 laïcs qui ont déclarés comme profession : « employé de la maison de retraite » lors du recensement.

  Parmi eux, il y a 20 femmes et 4 hommes.

  Chez les femmes, il y a 1 veuve, 1 divorcée, 1 femme mariée et 19 célibataires. La plus âgée, Madame Veuve Mercier a 70 ans et la plus jeune, Mademoiselle Doubet a 21 ans.

  Chez les 4 hommes, il y a un veuf, Monsieur Gés, il a 66 ans, 2 célibataires et un homme marié.

  Il y a aussi un couple qui habite sur place, Eulalie Marie Margueritte et Edouard Marie Le Bouillonnec, tout  travaillant dans l’institution. Ils ont  27 et 24 ans, ils sont tous les deux  nés en Bretagne  à Maël-Pesteven.       

  Leurs parents, Roland et Léonardie pour lui et Jean et Anne Marie pour elle,  y étaient laboureurs pour les pères et ménagères pour les mères.


  Aucune des personnes de la rue,  nées à Arcueil-Cachan, ne  travaille à la maison de retraite.

  Nous avons donc 44 personnes qui travaillent au service des 221 pensionnaires de cette maison de retraite Saint Joseph.

 

   Des femmes « patrons ».

  Parmi les femmes de la rue nous en trouvons 40 qui sont déclarées comme « patronnes » alors que les hommes sont 47 patrons.

  En général, les épouses et les époux dirigent la même entreprise artisanale.

  Parmi ces dernières, 25 d’entre-elles sont des blanchisseries.

  Il y a 3 femmes, dont une veuve, qui  sont l’unique « patron » de leur blanchisserie. La veuve est Madame Augustine Rose Bagot, née le 12 novembre 1856,  rue du Pont à Arcueil-Cachan. Son père, Pierre louis Moreau, est carrier, sa mère, Françoise Marie Longuet est blanchisseuse.

Son Mari Alexandre Julien Bagot est né le 18 mars 1850, il est bijoutier. Il est décédé le 18 septembre 1915.  

  Elle a comme « employés  blanchisseurs » son fils Julien Louis, né 13 mai 1891 au n° 8 rue des Tournelles à Cachan et sa bru Yvonne Marie Fagedet, Ceux-ci se sont mariés le 8 décembre 1915 à Malakoff.

 

  bl.JPG

   Parmi les blanchisseries dont un des deux « patrons », (c’est a dire l’époux ou l’épouse), est né à Arcueil-Cachan, nous trouvons les blanchisseries : Afchain, Amblard,  Bagot, Boulet, Charton, Cornut, Duruble, Fontaine, Gaulthier, Harmand, Hanriot,  Hiel,  Josse, Lazardeux, Moche, Nadot, Perrin,  Scheffer, Schaefer, Sout.

  Soit 20 blanchisseries tenues par des natifs de la commune sur les 29 blanchisseries implantées dans la rue.

  Parmi eux, Eugène Louis Schaefer est né le 20 mars 1888, au 27 de la rue Cousté, de Wilhelm Schaefer, blanchisseur, âgé de 25 ans et de Virginie Bordier, blanchisseuse, âgée de 23 ans.

  Eugène Louis vient d’être élu conseiller municipal de Cachan en mai 1925, à l’âge de 37 ans. Son père Wilhem, né le 14 février 1864 au n° 2 de la route d’Orléans, était  lui-même  blanchisseur et conseiller municipal d’Arcueil-Cachan en 1903, avec Louis-Grégoire Veyssière comme Maire.

 En 1903, le conseil municipal comprenait 5 blanchisseurs [7] (tous de Cachan) sur 28 membres ; 4 d’entre eux étaient installés rue Etienne Dolet.

  Nous mesurons ici, l’ancrage ancien et important de ce métier sur notre territoire communal.

 

  Les « métiers du linge » et les autres.

  Chez les autres patronnes, nous trouvons d’autres « métiers du linge ». Madame Ardouille est giletière, Madame Aubernon, mercière ; Madame Longe, modiste ; Madame Hanriot, couturière ; Madame châtelain entretient  les  faux-cols.


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  Chez les hommes patrons en plus des blanchisseurs, nous avons également des métiers du linge : Monsieur Roland est teinturier, Messieurs Gentil et Boissonade sont tailleurs, Monsieur Châtelain entretient les faux-cols avec son épouse.

  D’autres patronnes ont d’autres métiers. Nous avons  2 marchandes de vins, 1 épicière, une doreuse, une maraîchère.

  Puis, chez les hommes, nous avons : 2 artistes peintres, Messieurs Mazurier et Lovati ; 1 boucher, 2 chauffeurs, 2 cordonniers, 1 doreur, 2 épiciers, 1 loueur de voitures, 1 maraîcher, 1 marchand de vins, 3 mécaniciens, 1 menuisier, 1 plombier.

  Rappelons ici que la plupart de ces « patrons » hommes ou femmes sont souvent  de tous petits artisans qui n’ont pas de salariés permanents.

Mais nous trouvons aussi des blanchisseries qui ont plusieurs employés déclarés.

  La blanchisserie Josse a 12 employés qui habitent Cachan, puis nous trouvons la blanchisserie Bagot : 6 employés, Charton : 5, etc.….

  Par ailleurs, beaucoup de  personnes habitant  la rue se « louaient » à la journée en particulier les garçons blanchisseurs ou les blanchisseuses. Ils n’ont donc pas de patron déclaré ou permanent au moment du recensement.

 

  D’autres habitantes sont déclarées sans emploi, notamment les 77 épouses qui sont mères de famille et « femmes au foyer ».

 

  Parmi les autres habitants de la rue, la plupart ont des métiers  qui sont semblables à ceux que nous avons rencontrés dans nos précédents articles sur les rues de Cachan en 1926.

  Cela dit nous rencontrons quelques métiers plus rares comme celui de  Monsieur Fauxpoint qui exerce la profession d’orthopédiste. 

   Pour terminer, faisons connaissance avec l’habitant le plus âgé de la rue en 1926.
  Il s’agit de Monsieur Bernard  Louis Guillaume.
  Il  a 77 ans,  il est né le 22 juillet 1846
au n° 6 de la Grande Rue d’Arcueil.Son père, Guillaume Bernard est carrier, il a 27 ans au moment de la naissance de Louis Guillaume. Sa mère, Jeanne Chatelain a 22 ans, elle est sans profession.

  En 1926, la rue Etienne Dolet, qui semble être une des voies parmi les plus anciennes de Cachan, comprenait donc un employeur important : la Maison de retraite Saint Joseph qui aujourd’hui est toujours une institution reconnue de Cachan et par ailleurs, 25 blanchisseries, dont il nous reste seulement les bâtiments si caractéristiques, y étaient implantées souvent en parallèle avec celles de la rue Cousté mais de l’autre côté de la Bièvre.

Ces deux rues étaient probablement parmi les plus besogneuses ou industrieuses de notre jeune commune.

Cet article a été publiè dans " les Chroniques du Val de Bièvre" n°65

La revue peut être commandée à : Ateliers du Val de Bièvre, 9 rue Amédée Picard  94230 CACHAN

Prix: 3 €uros

contact: lesateliersduvaldebievre@laposte.net



Étienne Dolet est mort le 3 août 1546 sur la place Maubert à Paris, brûlé comme hérétique; il avait alors 37 ans. Il était devenu imprimeur à Lyon. « Ses opinions théologiques et la tournure satirique de son esprit l'avaient fait mettre plusieurs fois en prison » Voir l’article de A.  Le Bonhomme, Chroniques du Val de Bièvre, n°43,

Voir l’article de M. Valletta,  Chroniques du Val de Bièvre, n°40;

Recensement de 1926, Archives municipales de Cachan

 Voir : « Les sœurs de la charité », A.B et P.B, Chroniques du Val de Bièvre N° 59, 2008

Archives municipales, ville de Cachan, Recensement 1926 : (consignes pour les recenseurs): Pour les patrons, chef d’entreprise,  ouvrier à domicile, inscrire en colone13 : Patron

Pour les employés ou ouvriers : indiquer le nom du patron  ou de l’entreprise qui les emploie.

J.E. Auclair-Melot, « Arcueil et Cachan », indicateur officiel, 1927.

Messieurs : Betencourt, Chevanne, Dubois, Goussaut, Schaefer.

Le Monument National, commune d’Arcueil-Cachan, site http://gallica.bnf.fr/

En Juillet 1849,  Victor Hugo  prononce  un Discours à l'Assemblée Constituante, "La misère, cette chose sans nom"

  Aujourd’hui : rue Emile Raspail,  rue Marius Sidobre, Henri Barbusse.

L’association « Monsieur Vincent » qui gère la résidence Saint Joseph, accueille 163 personnes âgées autonomes ou non,

Son siège est au 3, bis rue des Tournelles. Elle a été créée en 1994 par la Compagnie des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul et l’association de l’Hôpital Saint Michel-Saint Vincent.

L’association aujourd’hui :
- gère une quinzaine de résidences et services de soutien à domicile.
- emploie 700 salariés au service des personnes âgées.

 

 

Par Marcel - Publié dans : histoire
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